Cristina Lorenzet

Artiste

Cristina a grandi en Italie et vit à Londres depuis une vingtaine d’années. Elle s’est intéressée à la céramique il y a environ quinze ans. Elle a obtenu le diplôme City Lit en 2017 et n’a cessé depuis de développer son langage céramique.

Cristina est influencée par l'architecture et le paysage. Ce qui l'intéresse, c'est ce que l'architecture représente : un dépositaire de souvenirs, l'incarnation d'un processus de transformation, en se concentrant souvent sur les petits détails négligés qui révèlent des récits intéressants. Ces éléments subtils – textures, joints structurels, traces d'usage – deviennent les points de départ d'œuvres d'art qui invitent les spectateurs à ralentir et à réinterpréter ce qui leur est familier.

Le fait d'avoir vécu à Venise pendant ses années universitaires a profondément influencé son esthétique. À cause du sel marin, les bâtiments sont constamment en réparation, les briques s'érodent, la peinture s'écaille, et cela a façonné son sens de la beauté. Une beauté imparfaite, qu'elle explore à travers la décoration de surface comme moyen d'ajouter une dimension narrative et d'apporter de la profondeur.

Dans cette exposition, Cristina présente une série de sculptures issues de l’observation du processus de régénération de la ville de Londres, où les anciens bâtiments existants sont démolis au lieu d’être restaurés. On se contente de conserver les façades, mais on perd leur histoire : les couches de couleur, la peinture qui s’écaille, reflétant l’histoire de ceux qui nous ont précédés, les souvenirs et les récits.

Elle présente également une petite sélection de sa série “Venting”. Le travail préparatoire de cette série a commencé par l’observation des éléments banals et discrets des bâtiments, des ponts ferroviaires, des conduites et des systèmes d’extraction des petites unités industrielles. Ceux-ci offrent une multitude de formes sculpturales et de patines. Cela l’a amenée à regarder les bâtiments sous un angle différent, en s’intéressant à ce qui est négligé, ce qui n’est pas beau mais essentiel au fonctionnement d’un bâtiment. La ventilation est devenue une métaphore centrale. Au sens physique, il s’agit d’une ouverture, d’un passage par lequel la pression s’échappe. Mais la ventilation est aussi profondément humaine: une libération de ce qui s’est accumulé à l’intérieur, un relâchement soudain de ce que le corps ou l’esprit ne peut plus contenir. Tout comme l’air trouve son chemin à travers les évents, les émotions cherchent leur propre exutoire, désordonné mais nécessaire.

Au cours de la prochaine année universitaire, elle entamera un master en céramique au Royal College of Art de Londres afin de développer davantage son intérêt pour les projets axés sur la recherche.

Cristina Lorenzet, Façade 1, Céramique et gesso, 28 x 32x 07 cm, 2026

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